
Nous, à l'agence, on a l'achance (
written like this on purpose hého) d'être en face d'un parc. Je ne parle pas d'un espace vert de 3 mètres carrés qui fait juste du bien à la ville de Paris, question d'image. Et aussi pour permettre aux adjoints à l'aménagement d'aller faire des tours de velib' dans un espace vert. Je parle d'un vrai super parc trop cool et grand.
On y croise plein de gens comme j'aime les observer :
- les gens qui vont manger dans le parc. Tu te fais faire ton tupperware par bobonne la veille au soir, ou tu te le fais à l'arrache toi-même le matin, en prenant soin de vraiment bien fermer le couvercle pour pas que ça coule (
would be anti-cool) et comme ça tu peux aller à la réunion collégiale à l'ombre des platanes flétris et déjeuner à l'extérieur à la cool. Comme dirait Corneille, mon poète de la chanson préféré, "avec classe".
- les gens qui joggent dans le parc. Y'en a qui ont vraiment la classe, ils doivent regarder les Mondiaux d'Athlétisme de Berlin, essayer de faire des éclairs Boltiens. Ils ont le brassard Nike avec leur iPod dedans, les lunettes Oakley à verres miroirs et grosses montures aussi moches que laides dont je n'ai jamais saisi l'intérêt, des running shoes Asics (forcément, quand on connaît l'origine du nom de la marque,
couldn't be any other brand), le combo caleçon et haut en matériaux du futur qui te tient au frais dedans mais chaud dehors sans transpirer. Il y en a qui courent en pantalon de jogging en laine et en gros pull avec la canicule. Je n'ai pas compris si c'est de l'inconscience, une mauvaise évaluation de la météo ou une volonté saugrenue de guérir un rhume ou perdre plus de poids plus vite en ayant over-chaud. Il en a aussi entre deux, qui font des petits sauts à la cool, n'ont pas vraiment la technique mais font de leur mieux et transpirent. En même temps, moi, rien qu'en marchant
I was sweating my body's water off.
- les gens qui sont sur un banc version 1. C'est un peu la mise au ban, le bagne des bannis : il y a des gens qui sont sur les bancs et ne font rien. Ils doivent surement penser à des choses très primordiales, comme rien. Ou des choses. Ils ne bougent pas, et clignent rarement des yeux. Ceux-là ne font d'ombre à personne, même pas eux-mêmes, et sont en général à l'ombre.
- les gens qui sont sur un banc version 2. Eux, en revanche, ils font quelque chose : lire un livre, ou essayer de comprendre ce que ledit bouquin raconte, ou déchiffrer les lettres. Parler fort au téléphone, se recoiffer, avoir la tête en arrière, se recoiffer, rire au téléphone, bronzer, jouer à un jeu vidéo palpitant, dégager la pierre qui fait chier sous le pied gauche, regarder le sol et compter les graviers, regarder ses chaussures et se dire que tiens faudrait leur passer un peu de cirage.
- les enfants et les accompagnateurs. Oui, il y a des maisons-toboggans-trucs pour les gamins dans le parc. Alors il y a madame, mademoiselle ou monsieur qui pousse la poussette, et ensuite les mômes qui hurlent et rient. Ils font ça bien. Ils pleurent aussi parfois quand ils se font mal en tombant. A ce moment-là le parent dit que ça n'est rien et qu'il faut se calmer. Et ça s'engueule dans la joie de la mauvaise humeur.
- les touristes. J'ai du mal à comprendre comment des touristes Italiens (si si, quand tu vois 4 sacs Invicta qui débarquent, c'est certain à 300%) pouvaient arriver dans un parc à Clichy. Il est des réalités comme celle-là qui m'échappent totalement. Donc ils se promènent dans le parc (
ma, che bello quest'arbole!) et ils prennent des photos. Soit.
Ecco.
- les gens qui ne font que traverser le parc, parce-que c'est plus court. Ils peuvent avoir un rythme assez cadencé, puisque l'intérêt c'est de ne pas perdre de temps. Ils regardent furtivement ce qui se passe dans le parc, mais pas trop. Le temps presse.
- les amis des précédents mais pas trop. Eux ils ont le temps et se disent "tiens, hé, si on passait par le parc ? Hein ? Ouais ? Carrément!". Eux ils marchent bien plus calmement. Ils apprécient les courbes et couleurs des feuilles. Leur balancier quand le vent délicat les chatouille. Ils observent le tronc, la forme des bancs, les reflets dans l'eau et l'orientation du vent grâce au jets d'eau. Leur rêverie se poursuit à l'approche des balançoires, mais déjà revoilà le trottoir de l'autre côté du parc. Et c'est déjà fini, mais qu'est-ce que c'était agréable.
- les gardes du parc. Une vraie armée : à vélo, à pied, dans la cabane ceci et dans la cabane cela. Équipés de lance-roquette et de tasers, ils veillent à ce qu'aucun pied malicieux ne tente d'approcher l'herbe...qui tend pourtant ses brins accueillants.
Merde, pourquoi la tondre et la rendre toute belle si on ne peut même pas s'allonger ou simplement s'asseoir dessus.
Can someone explain ??- les canards. Oui, il y a une espèce de grande flaque qui ressemble à un mini lac dans lequel les canards se marrent. Ils bronzent sur la rive ou passent pas mal de temps la tête sous l'eau et les 2 pattes arrières (sachant qu'ils n'ont pas de pattes avant, vous imaginez, vous, des canards à 4 pattes?) en l'air. Eux ils se la coulent douce.
Et bien ça au moins, c'est chouette!
Ps : il y a aussi d'autres gens, mais
another time