mercredi 23 septembre 2009

Ce matin, des lapins...



Le matin, c’est plus drôle. Etre ou ne pas être du matin, c’est la question. De bon matin, ce matin, j’ai vu plein de lapins qui se sentaient bons aller to work. Dans la rue, la fameuse, qui va de la sortie du métro au boulot. Long couloir rectiligne mais parsemé d’embûches : le stand Rétrodor de la boulangerie qui offre de la dégustation de tranchounettes de pain et du café en thermos, près duquel la boulangère joue à Chabal pour être certaine que tu vas tâter (no pain, no gain a-t-elle envie de hurler à l’amorce du plaquage). Il y a des crottes, ici les gens n’aiment visiblement pas leur quartier et ne ramassent pas. Il y a les mégots, les canettes, les bouteilles en pvc, des éclats de clignotant arrière gauche, sûrement pleins d’insectes qui grouillent sans qu’on les voit.
Par contre, les collègues que j’aperçois dans cette superbe rue crado ont tout sauf fière allure. L’allure, tout d’abord, wow : au petit pas. Unetelle manque de trébucher à la reprise du trottoir après les clous, quand mon voisin d’en face qui ne me voit pas, se fait klaxonner par une volvo grise et sale. Au radar ? Dans le gaz ? Dans le pâté ? Flou artistique ? Slow motion ? Stop motion ? Motion de censure oui ! C’est vraiment marrant, je trouve, de voir le rythme qu’ont les gens quand ils marchent. Le déhanché peut être si peu naturel parfois, l’enchaînement des pas semble être un fardeau. Lève-toi jambe stupide, pose toi pied idiot, allez, next ! Il y en a qui se dandinent, il y a les stoïques bien droits qui essayent de faire croire que ça va, but just look at their face, it doesn’t lie. Il y a ceux qui se frottent l’épaule ou le bras au mur, trébuchant sur le bûcher de leur propre fatigue, et se retournant éveillés 3 secondes pour voir si aucun collègue n’a remarqué, histoire de ne pas avoir honte.
Le réveil est la hantise du bon trouffion travailleur : le coup de la panne. Envie de dormir. Envie de câlins. On est bien à la maison. I hate that place where I work. It’s far. And dirty. Merde. Bon, faut y aller. Give me a gun, I’ll shoot a tree and feel better.
Mais plus drôle que ça, c’est le temps que corps et cerveau mettent à sortir du mode veille. Dans le métro le matin c’est assez évident : les réveillés se reconnaissent dans la soporifique apathie agglutinée.
Et le pire dans tout ça ? C’est que souvent ça n’est pas ton boulot qui va t’aider à t’en sortir. Good moooorninggggg !

mercredi 16 septembre 2009

Lit ? Moi :) (Read me)



Le pied ultime. La meilleure chose qui me soit arrivée depuis que je bosse ? L’entourloupe royale qui fait aimer la vie la semaine ? Le coup de Trafalgar toi ici, fais ton créneau ? Le coup de Jarnac vraiment tout le monde, surtout mes collègues ? Que paso ayer ?

A 9h du matin, voire un peu avant, je suis chez moi frais et dispo comme un garden fraichement poli de son herbe par une machine bruyante. Les goutes de rosée, perles virtuelles, s’amassent dans les cumulonimbus que chatoient le vent. Le soleil me fait un high 5, forcément, il est bien haut à faire le mariole enflammé ce ballon de folie qui me fait rougir. J’entends une colombe, plutôt un pigeon, qui roucoule. LaRoux - cool ? Je suis en caleçon, et je suis en retard. Alors je checke mon webmail.

Le webmail, quelle belle trouvaille right ? Tu n’as pas de blackberry ou d’iphone, pas de solution intégrée de communication active ‘push’ ? Tu ne dors pas au travail ? Tu n’as pas d’assistante sexy et intelligente qui te dit quand Michel Dugland t’attend en trépignant dans la pièce d’à côté ou quand ta vieille cousine d’Amérique te fait une visite surprise au bureau ? Tu n’as pas d’excuse non plus : le webmail, c’est le bureau à portée de maison, c’est la possibilité pour n’importe quelle araignée-ordinateur de la toile mondiale d’accéder à tes mails du boulot. C’est une façon basique de produire toujours plus, toujours aussi moins bien. Regardant mes courriels professionnels, je remarque un mail « cherry on the cake » : envoyé le lundi à 19 :30, il me sommait (m’assommait) de retravailler pour le matin même, ponctué d’un petit ‘merci, salut, hihi’ sous-entendu. Trop c’est trop me dis-je alors. Surtout que j’attendais une réponse depuis 2 semaines. Surfant sur la vague de la grippe (ouvrez-la-bouche-tirez-la-langue) Aaaahhhh, je n’écoutais que moi avant d’envoyer un mail (vive le webmail, donc, qui permet de ne pas parler au téléphone avec les personnes dont tu ne souhaites pas entendre la trop familièrement désagréable voix) pour dire que, ben ouais, j’suis malade, on a perdu 15 degrés en 2 jours, et que j’ai sûrement un gros rhume donc que je vais rester au lit me reposer.

Mensonge ? Fabulation ? Chantage ? Hein, quoi ?? Partiel. Je n’étais certes pas malade, mais je suis resté au lit. J’en suis encore béat et joyeux. Une journée de glande intersidérale c’est sidérant de douceur, un océan de plumes dans un édredon de chaleur, un cosmos de matelas pour un prince sans petit ni grand poids : quelle légèreté ! Quelle aisance à me sentir bien ! Quel remède absolu anti-pression. Mais quel pied putain !

Je recommande à tout le monde, OUI TOI INCLUS, de faire ça une fois dans sa vie. La période est propice (and love), saute sur l’occasion !

Ca n’est pas le vieil adage britton an apple a day keeps the doctor away, mais plutôt a day away keeps the crap away. C’est simple, efficace, et c’est bon pour ton sébum, pour ton sommeil, pour ton teint, pour la crise, pour la confiance, pour le moral, c’est bon pour toi, it's so f.... good !!! Apprends à te faire du bien, prends un jour et fous rien !

lundi 14 septembre 2009

On bulle !



Ce qui est bien en ce moment, à l'orée d'une nouvelle ère pandémique polémique worldwide, c'est que les gens reprennent quelque peu (plutôt pas beaucoup mais ils essayent) les bonnes manières. Lesquelles ? Ahem.
Les gens se lavent vachement much more les mains qu'avant. Bien pensants, roots crados et dactylos se mettent au la 440 (au diapason) du savon! Rendez-vous mondial des malades à Savona en Italie ? Non, pas besoin de trop bouger : chacune à son petit savon sans eau dans la poche. C'est tellement pratique. Chez Chanel, le vigile ne te laisse pas rentrer dans le magasin si tu ne t'es pas fait pshit les mains préalablement. Non, je n'y suis pas allé, on me l'a raconté. A Marseille, le cube vert, jaune ou violet ne s'est jamais aussi bien porté. De quoi se plancton, putaing ? Qui n'a pas envie d'être producteur fabricant de savon ces temps-ci ? La savonnade défonce le Tamiflu. Les bons vieux réflexes sanitaires de base seraient-ils donc plus puissants que l'industrie des labos pharmas géants qui nous dictent quelles molécules sont supposées nous faire du bien? Dans le monde de l'entreprise, la ritournelle est quasi-similaire. Pour ma part j'ai reçu un amusant mail des services généraux que je me permets de vous copier-coller. J'aime tout ce qui est surréaliste, je crois qu'on s'en approche assez ici :

Bonjour tout le monde,

Nous avons constaté depuis quelques temps une plus grande utilisation du savon liquide, probablement due aux mesures d’hygiène consécutives à la grippe A.
Notre prestataire de ménage constate cela également sur ses autres clients.
Pour cette raison, le fournisseur de savon nous a alerté sur le risque qu’il ne puisse plus répondre à nos besoins fasse à l’augmentation de la demande.
Sachez que de notre coté nous ferons le maximum pour éviter ces problèmes d’approvisionnement.


N'oubliez-donc pas de vous laver les mains, afin de ne pas risquer de vous prendre un gros vent en voulant serrer la main de quelqu'un. Vous pourrez rétorquer "T'en fais pas, je me suis lavé les mains!" et avoir peur que la personne qui vous tend la main vous mente.
Et, dans les prisons, est-ce qu'on a interdit le coup de la savonnette dans les douches ? Chez France Télécom, le savon spécial "je kiffe la vie" est sur tous les bureaux, dans toutes les salles de réu et sous certaines chaises ? Chacun pense ce qu'il veut, savon c'que savon, mais au moins, on peut dire que dans tout ce bordel marasmique y'a encore une raison de penser que "c'est du propre". Parce que pour ton amour-propre à toi lecteur, je m'en fais peu, va.
Allez petit cours de choses que nous 'savon' tous : dans ledit objet du crime avec les mains il y a de la soude (une équipe soudée!), de la potasse (une équipe qui bosse dur!) et des acides gras (heu...non je ne ferai pas de commentaire salaud). Au Japon, on comprend mieux qu'ils saponifie beaucoup. D'ailleurs plein de personnes saponifient avec le temps.
Bon début de week propre donc.

vendredi 11 septembre 2009

Verrue vous allez ?



Salut les gens. Been a while. Been busy, désolé de vous avoir (j'espère) manqué un peu. I'm back for good! And bad!
J'ai une verrue au doigt. Non, ça ne m'empêche pas d'écrire. Mais ça me permet de développer un thème important de lifeatwork, les gens qui emplissent l'espace nearwork. L'épicier au coin de la rue où tu tournes après t'être garé parce-que la porte du parking attend d'être réparée depuis 3 mois, la coiffeuse russe et blonde et géante qui dit "N'importe quoi!" "N'importe quoi!" en roulant grave les 'r' à son ami du coin un peu gros en short et t-shirt sur son VTT. Les deux gérants du resto-bar devant lequel tu passes deux fois par jour au moins (aller du métro vers le boulot, et le retour du boulot vers le métro). La patronne du bar-tabac où tu vas acheter tes clopes, parfois prendre un café le matin quand t'es trop à la ramasse ou jouer à Euromillions le vendredi sans trop te faire griller ni trop y croire. La vendeuse du Lina's qui est dans ton estime certainement dans le top3 des meufs les plus bonnes du tiékar. Sérieux, elle est assez ouf, je veux bien son zéro six. Le bellâtre qui est à la terrasse de cette brasserie quasiment tous les midis et avec qui tu échanges un petit sourire en coin, ou un salut de tête quand il n'a pas soulevé ses horribles lunettes de soleil de loser pour suivre le popotin d'une popotamesse. Ewww. Cette fille que j'ai croisée aujourd'hui presque au niveau de la porte du work, alors qu'hier je l'avais croisée sur le même trottoir mais 50m plus loin, au croisement avec la petite rue juste après le passage clouté. Aujourd'hui on s'est sourit et j'ai eu l'impression de voir les yeux d'Olga Kurylenko mais en bleu pale à me faire porter pâle. Ou à lui faire une propale...
A la pharmacie du coin, donc, on m'a donné des pansements avec une lotion à badigeonner dedans pour virer la verrue. Ca marche bien vous verrue. J'avais rarement vu une laborantine aussi...bref ça n'est pas le sujet! Mais au moins, elle a eu le mérite de me donner envie de m'y remettre. Thanx lady.
Finalement, qui sont ces voisinités passagères ? Des amis ou des individus transparents ? Indeed, tu vas au boulot en scoot ou voiture, tu ne connais même pas le nom de la rue qui est trois rues plus loin ni celui de la place à 79m à droite. Alors que si t'y allais en métro ou en vélib, tu serais vachement mieux intégré dans le coin. Coin coin. Et bien c'est la place François Mitterrand. Change ton ton de voix stp buddy. Il y en a avec qui tu peux te lier d'amitié pétillante : l'amitié forte et extra sympa 3 minutes par semaine (c'est une moyenne annuelle). Oui, par exemple Momo, au café où on va parfois déjeuner. Il me demande si ça va. Je lui dis que oui et même question et même réponse. On soupire. On parle du temps. Du business. De la crise. Des clients. Tu sens déjà la routine qui s'installe et tu t'en veux de pas être allé dans le fond à droite, y'avait Le Parisien. Tu le vois posé sur la table d'à côté. Merde! T'aurais pu te cultiver sur les dernières nouvelles du PSG, du Stade Français et de leur grand fan notre cher maire. Et éviter cet échange vain? Je m'en contrefiche ? Dur à dire. Être poli est une chose. Se lier d'amitié une autre. Be friend or befriend or wannabe friend ?
Ces têtes habituelles ce sont des collègues cachés un peu tout de même. La suédoise avec la casquette qui fait ton petit café d'afterlunch dans la paillote du parc à qui tu réponds "tak" pour la faire sourire, c'est comme la collègue de l'étage d'en-dessous dont tu ne connais pas le prénom mais à qui tu fais pourtant une blague dans l'ascenseur : des gens si proches, mais si loin d'être proches aussi. Mais après tout c'est ça la vie. Les rencontres, tout du long. Des bonnes, des mauvaises, des ratées, des à refaire, des émouvantes, des dures, des épuisantes, des enrichissantes, des charnelles, des mystiques, des foirées. Un peu de tout, comme tout partout tout le temps. J'espère que je serai un peu plus inspiré la prochaine fois, que tout ça va revenir. On reprend contact, comme une rencontre qui se refait 2 mois après le rendez-vous initialement prévu mais reporté par manque de temps. Et aussi des problèmes de timing. Anyways, glad to be here again. Write soon.

mercredi 26 août 2009

Complètement téléphoné


Coup de fil, coup d’amour, coup d’je t’aime, coup du sort, coup de pied dans ta gueule aussi, somehow? Atwork, making a personal call can be quite tricky. Dur dur de s’isoler, d’avoir de l’intimité si l’on veut parler à un proche quand on ne possède pas son propre bureau. Et là encore, la porte peut s’ouvrir anytime, interrompant un rare et bref moment de home at work.
Tu ne peux pas aller aux toilettes, on t’entendrait. Devant les ascenseurs, dans un couloir, à la cafète, dans l’escalier, à un autre étage, sur la terrasse sur le toit, à la cantine en dehors des horaires de mangeage généralisé. Comment faire ?
Tu peux sortir, aller dans la rue. Et même là, tu n’es pas à l’abri de croiser un collègue. Jordi dirait : dur dur d’être en privé !
Pourtant, au boulot, tu lis ce blog, tu consultes les statuts de tes amis sur twitterbook, tu clavardes sur msn, tu réserves tes places de train, tu envoies des mails persos, tu glandes sur youtube (c'est de la veille technologique, u gotta know what's on) tu te permets même d’utiliser ton fixe pour appeler des amis à l’étranger quand il n’y a plus personne le soir. Mais un coup de fil perso sur ton téléphone requiert un isolement quasi impossible dans la fourmilière qui t’emploie. Quand tu appelles de ton fixe, c'est facile de faire semblant. Tu sais que le niveau sonore est stable, que l'autre bout du fil t'entend loud & clear. Mais avec le handyphone (on dit comme ça en allemagne et en corée, c'est assez logique) tu parles plus fort. Si si, promis. A toi d’être inspiré et rusé pour faire croire que c’est pro : « C’était bien tes vacances ? Génial, ouais, ça devait vraiment être canon. Oui c’est dans le mail que je t’ai envoyé, vers la fin. » (tu viens de voir un collègue ouvrir la porte au bout du couloir, et tu lui fais un petit signe de la tête sympa, parce que tu es au téléphone donc tu es important).
D’ailleurs, en réunion, certaines personnes ne se gênent pas. En plein débat de la plus haute importance métaphysique au cours d'une réunion qui changerait au moins le sens de rotation de la lune le vendredi retentit la sonnerie de la honte. Putain, mais c'est pas possible d'avoir cette sonnerie là! Oh my... Et là, le mec se lève, ne dis même pas pardon, grossier à souhait il quitte la pièce sans bruit, sans gêne, sans classe mais surtout sempiternels gros cons. Excusez du peu, mais le manque de respect, ça sort des limites de la tolérance. Le téléphone mobile les empêche de rester en place. Makes sense ! Je me demande parfois si c’est Dieu qui appelle pour laisser cinq personnes passionnées et préparées en plan comme de vulgaires novices du speech et du powerpoint.
Dur dur de décrocher de ces bestioles à chiffres. Tout tend à nous connecter de plus en plus vite et simplement alors que dans le même temps on aspire à se déconnecter de tout.
Essayez : éteignez votre portable (le privé, pas le pro, right ?) 2 jours. J’ai gagné, you’re an addict !
InsuPORTABLEuuuuuuu....



mardi 25 août 2009

Noh compwendow

At el trabajo, noh compwendow (superbe scène d’italo-anglais dans les Basterds de Quentin T.) :

- pourquoi trop de gens marchent bizarrement. J’en mettrais ma main à couper, ça ne se dandine pas comme ça dans la vraie vie. Ou alors ça marche plus vite. Il y a des gens qui traversent les bureaux à la vitesse de Jeane Calment sous calmants. On dirait que le temps ne s’est jamais mis en route dans ces moments-là, c’est un peu effrayant. Il y en a d’autres qui se croient au stade. Ils courrent les bras chargés de pile de dossier, avec un ordi et un blackberry et un café, et rendraient jaloux n’importe quel acrobate du Cirque du Soleil par leur maestria, mais pas par leur élégance.

- pourquoi trop de gens font une pause clope. C’est vrai, les fumeurs, chez eux, peuvent fumer quand ils le souhaitent. Les fumistes aussi d’ailleurs. C’est un argument certes fumeux mais habile. Une amie me confiait son désarroi récemment devant le fait qu’elle se sentait exclue de ne pas partager des moments d’intimité enfumée avec ses collègues. Mais c’est mieux pour tes poumons, ton teint, tes dents, et tutti quanti mon lapin. La pause clope c’est la socialisation express, c’est finalement bien triste. C’est le speed dating du networking, 1 minute montre en main, et puis salut hein !

- pourquoi les gens mangent avec un lance-pierre. A la cantine, ce midi, j’avais oublié de prendre une serviette. Je me lève donc de table pour m’en procurer une. Je reviens, et la carafe d’eau était vide. Bien évidemment, personne n’aurait l’audace d’aller la remplir. J’y vais d’humeur joyeuse, je me permets même le luxe de glisser habilement quelques glaçons dans le récipient avant de reprendre le chemin du déjeuner. Juste assez vite pour m’apercevoir que mes 2 collègues avaient déjà fini. 3 minutes 12. Oh – my -WoW ! Je peine à comprendre comment des gens qui rouspètent sans arrêt sur leur sort (pas comme moi, I’m a happy man !) peuvent avoir autant d’empressement à retourner se faire du mal. Chacun ses soucis anyways

- pourquoi les gens changent du jour au lendemain. La veille tu parles, tu rigoles, on se tape dans le dos, c’est trop cool, ouais, super tralala, à demain gamin. Et le lendemain ça fait une tronche d’enterrement et ça te dit pas bonjour, c’est tout botoxé du sourire, ça coagule de l’expressivité, degré zéro de l’amabilité. L’être humain peut pourtant voir 180°, j’étais dans le champ de vision, pas besoin d’un rapporteur ! You saw me !! I know it !! Je ne demande pas à mes collègues d’êtres des chats (287°, voit tout ce qui est sur les côtes le miaou, et il est souvent presbyte mais on s’en fiche) ou des mouches (ça se complique, elles voient à 360°, c’est pour ça que tu peux crâner quand t’en choppes une, évite le taon pourtant) mais j’ai du mal à comprendre certaines réactions ou attitudes. Ha, l’être humain et sa versatilité !

- pourquoi les toilettes sont un lieu à part. Parce qu’à la maison, tu es aux toilettes seul, ou avec ton concubin, ou la tortue de Floride puisque tu as cassé son vivarium. Mais au boulot, tu parles aux toilettes, tu fais des commentaires, tu épies dans le miroir, tu es discret quand ça fait plouf, tu peux pester contre la personne qui était là avant toi parce que wow, quelle bombe odoriférante c’est, tu te mouilles le jean parce-qu’il n’y a plus de serviettes de main ou que les sèche-mains (même pas des Dyson) sont en panne.

- pourquoi la clim n’est jamais réparée ? C’est quand même dommage ! Il fait beaucoup trop chaud !

Mais heureusement que tout le monde ne comprend pas tout, c’est aussi la mystique du monde de l’entreprise. Ca ne sert à rien d’être trop clairvoyant ou omniscient, comme dans la vraie vie. Une part de mystère, ça a toujours du charme, non ?




lundi 24 août 2009

Relation shop

Un brin de manipulation, beaucoup de sourires, un peu de gros culs, beaucoup de faux-culs. Work is a peaceful war place, vous ne trouvez pas ?
Gravir les échelons c'est être un bon fantassin, savoir berner l'ennemi, mais aussi tirer dans le dos des proches. Dure métaphore de la vie, lutte permanente pour se construire en détruisant, parce qu'absence de choix et de pertinence. Le haut de la pyramide ne l'est pas toujours pas compétence, ni le bas par incompétence. La déférence nécessaire qui entraîne trop d'indifférence est certainement plus néfaste que productive. La France est un pays durement jaloux et ces mentalités-là, comme dirait Brel, ces gens-là, on ne les change pas des jours sans lendemains.
Se faire une place au soleil sans partir en vacances est toutefois possible. Du tact, de l'assurance, de l'effacement et de la chance. Tu mets tout ça dans ton melting plot, then you gotta shake hard...and see what happens.
Souvent l'occasion fait les lardons en foire d'empoigne : être au bon endroit au bon moment, accepter contre sa conscience un coup de pouce du destin ou d'un proche, nouer des relations privilégiées avec certaines personnes sont autant de façon de se sentir moins morose dans la crise de foi que l'on peut rencontrer everyday at work.
Heureusement que certaines personnes y trouvent leur compte, leur joie, leurs étoiles dans les yeux qui ne s'étiolent pas. Quand le travail permet de se réaliser, c'est l'assurance de journées pleines notathome. C'est une chance.
Entre créateurs et producteurs notre société tend à la platitude du chemin de nos vies. Et bien non, non et trente-sept fois non : il faut savoir saisir sa chance, mais aussi se saisir soi-même, se prendre en main, savoir être un chouilla égoïste même si ça n'est pas facile. J'ai vu trop de gens malhonnêtes réussir, trop de manipulateurs mentir effrontément en réunion. Trop de scandales que j'ai tus, et qu'on m'a contés. De quoi s'en outrer ou se dire qu'on a été débile par inaction? Qui du plus faible est fort ? Quel dernier est premier ? Carpie diem te dit de cueillir, d'agir, de faire. Just do it then!