mercredi 12 août 2009

Norme à jean


Souvent l'habit fait le moine, quoi qu'on dise. Au boulot, c'est pas la même, c'est pire. Les boss doivent êtres en mode pingouins : noir en haut, noir en bas, cravate assortie et chemise bariolée quand elle n'est pas unie. Cheveux et barbes pas trop développés de rigueur. Mais ça dépend, certains boss sont potes de style d'avec Richard Branson, et s'habillent comme des virgins du strict, se laissant aller justement parce qu'ils sont au sommet. La barbe de quelque jours, les lunettes rectangulaires et épaisses noires, les converses, le vélo à pignon fixe, la casquette, les badges, le sac de gym ou en bandoulière, le t-shirt à message marrant sont autant de marqueurs de coolitude. On peut aussi dire qu'il faut être différentiant. C'est un abus de langage, le grand pote des vêtements qui jurent.
Dans la com, on fait com ça, parce que ce qui compte n'est pas l'apparence qu'on a, mais le travail qu'on produit. L'être plutôt que le paraître. Lettres plutôt que l'âtre, litres, l'autre ou l'huître. Bref.
Les commerciaux s'habillent aussi en friday wear tous les jours, sauf quand ils voient le client : ravalement de facade, cheveux brossés et chewing-gum destressant dans le taxi sont alors de rigueur. Avoir la main chaude et ferme lors de l'empoignade initiale pour que ça fasse chaleureux et sérieux. Hahaha, salut client, comme tu es beau et sympa, et comme tu n'écoutes pas ce que je te dis mais tu décides puisque you have la plata.
Les jeans sont un peu partout pour les cools, et même les moins cools que ça rend un peu plus cools. Trous et déchirures cobainiens sont de mises, il fait bon aérer son genou on sa cuisse, pour mieux aborder son rapport à rédiger, son 1:1 à préparer ou juste pour faire bronzette partielle pendant les 3 minutes de la pause clope.
Et puis il y a quelque chose that i really don't get : women's shoes that hurt. Il y a plein de femmes qui ont l'air d'avoir du mal à marcher, qui avancent de façon si peu naturelle dans les couloirs (d'autant plus que la jupe de tailleur ne permet pas du tout la même latitude de mouvement que le pantalon, c'est plus intéressant pour le client, mais moins pour celles qui les portent), à la cafète ou à la cantoche que ça me fait regarder vers le bas. Pour voir sur quoi elles reposent : des petits noeuds, des armatures, des fils dans tous les sens, des bouts pointus, technologie de pointe avec beaucoup de talons mais peu de talent. Ca fait presque mal à regarder, surtout quand la dame en question fait des sourires à tout le monde, histoire de faire croire qu'elle est bien dans ses bakets. Façon de parler.
Tout ça pour dire que quand tu vends de l'image, l'image est importante. On s'en tape, right ?
Comme le dit Norma Jean Baker aka MM : "A Hollywood la vertu d'une femme est beaucoup moins importante que sa coiffure. On vous juge sur votre apparence, et pas sur ce que vous êtes. A Hollywood, on vous paiera un baiser mille dollars, et on donnera cinquante cents pour votre âme. Je le sais, parce que j'ai très souvent refusé la première proposition, et très souvent mendié la seconde." A méditer ?
En cadeau du jour : les vêtements ça se coupe, ça se remet, Hollywood, no hay banda, todo es illusion!

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